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Maroc Telecom : un effort d'investissement important au premier trimestre

Le groupe de télécommunications affiche une croissance de 5% de son chiffre d'affaires consolidé au premier trimestre 2026, sur fond d'une accélération spectaculaire de ses dépenses d'investissement, principalement orientées vers le Très Haut Débit et le déploiement de la 5G au Maroc.

Par Adil Hlimi - 3 min de lecture - Publié le 24 Avril 2026 à 07h34
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Maroc Telecom : un effort d'investissement important au premier trimestre
Maroc Telecom a publié ce vendredi 24 avril des résultats trimestriels en ordre de marche. Le chiffre d'affaires consolidé du groupe s'établit à 9,3 milliards de dirhams au terme du premier trimestre 2026, en hausse de 5,0% sur un an. La performance est portée par l'accélération des filiales Moov Africa, dont le chiffre d'affaires bondit de 8,5%, tandis que l'activité au Maroc se stabilise avec une progression symbolique de 0,7%.

L'EBITDA consolidé franchit la barre des 4,6 milliards de dirhams, en progression de 6,1%, avec une marge qui s'améliore de 0,5 point à 50,0%. Le résultat net part du groupe, en revanche, recule de 3,4% à 1,3 milliard de dirhams, pénalisé par la contribution sociale de solidarité (CSS). Neutralisé de cet effet fiscal, le RNPG ressortirait en hausse de 3,3%.


Les CAPEX

C'est sans conteste le chiffre qui retiendra l'attention des opérateurs. Les dépenses d'investissement (CAPEX) hors fréquences et licences bondissent de 50,5% au niveau du groupe sur le trimestre, à 1,35 milliard de dirhams. Le ratio CAPEX/chiffre d'affaires hors fréquences passe ainsi de 10,1% à 14,5% en un an. 

La rupture est encore plus marquée au Maroc, où les CAPEX atteignent 730 millions de dirhams, en hausse de 51,9% par rapport au T1 2025. Le ratio d'intensité capitalistique sur le périmètre marocain grimpe à 15,9% du chiffre d'affaires, contre 10,6% un an plus tôt.

Le groupe affirme que cet effort est « principalement orienté vers le Haut Débit ». Sur le terrain, cela se traduit par le déploiement accéléré du FTTH (dont le parc tire déjà vers le haut les revenus Data Fixe au Maroc) et par le paiement, au cours du premier trimestre, d'une partie des équipements liés au lancement commercial de la 5G. Ce dernier point explique d'ailleurs la contraction de 5,5% du cash-flow opérationnel (CFFO) au Maroc, qui retombe à 1,48 milliard de dirhams. 

Les filiales africaines, moteur de croissance mais terrain de jeu différent

Côté Moov Africa, la lecture du CAPEX est plus nuancée. Les dépenses d'investissement reculent de 5,4% à 619 millions de dirhams. Mais ce chiffre est trompeur. Au T1 2025, les filiales avaient engagé 238 millions de dirhams en acquisitions de fréquences et licences. A périmètre comparable (hors fréquences), les CAPEX des filiales progressent en réalité de 3,3 points de chiffre d'affaires, à 12,3%.

Ce cycle d'investissement africain porte ses fruits. Le CFFO des filiales explose de 85,1% à 786 millions de dirhams, grâce à la montée en puissance de la capacité d'autofinancement. La base d'abonnés mobile de Moov Africa dépasse désormais les 54 millions de clients, en hausse de 3,9%, avec des dynamiques particulièrement vigoureuses au Togo (+28,6%), en Centrafrique (+50,2%) et au Niger (+15,9%).


Dette maîtrisée, capacité d'investissement préservée

Malgré l'accélération des dépenses en capital, la structure financière du groupe reste solide. La dette nette consolidée s'établit à 18,8 milliards de dirhams, en recul de 10,2% sur un an. Le ratio dette nette/EBITDA s'améliore à 1,0x au niveau du groupe (contre 1,1x au T1 2025), et tombe à 0,7x sur le périmètre Maroc seul. Ce désendettement laisse de la marge pour financer les cycles d'investissement à venir sans contrainte bilancielle majeure.

Le CFFO consolidé progresse de 13,8% à 2,27 milliards de dirhams, offrant une capacité de financement interne robuste pour absorber la montée en charge des CAPEX.


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