- 21 Avril 2026
- CIH Bank
CIH Bank : 2 grands catalyseurs pour 2026
Les résultats 2025 du groupe bancaire confirment une dynamique commerciale et financière solide, portée par une rentabilité en forte progression. Deux catalyseurs de premier plan se profilent pour 2026, tandis que le titre s'échange à un multiple de valorisation qui ne reflète pas le potentiel réel de l'établissement.
Par Adil Hlimi - 3 min de lecture - Publié le 21 Avril 2026 à 10h02
Le groupe dirigé par Lotfi Sekkat vient de publier ses résultats annuels 2025. Une copie marquée par un un résultat net part du groupe en progression de 24,4% sur un an à 1,089 milliard de dirhams. Le produit net bancaire consolidé s'établit à 5,42 milliards de dirhams, en hausse de 14,4%.
Un autre enseignement des comptes 2025 tient à la vigueur de la collecte. Les dépôts clientèle progressent de 17,8% pour atteindre 99,5 milliards de dirhams, soit une collecte nette de 15 milliards sur l'exercice. Les crédits consolidés suivent la même trajectoire, avec une progression de 16,7% à 118,1 milliards de dirhams. Fait notable, 86% des dépôts du groupe sont des dépôts à vue, ce qui procure à CIH Bank un avantage structurel sur le coût des ressources par rapport aux établissements davantage dépendants du refinancement de marché.
La marge d'intérêt progresse de 12,9% à 3,38 milliards de dirhams et les commissions nettes gagnent 9,4% à 464 millions. Le résultat brut d'exploitation atteint 3,09 milliards de dirhams, en hausse de 16,4%, démontrant un effet de ciseaux positif malgré l'effort d'expansion du réseau. CIH Bank gère désormais 437 agences et 1 221 guichets automatiques bancaires, après l'ouverture de 11 nouveaux points de vente sur l'exercice. Le bilan consolidé franchit le cap des 163 milliards de dirhams, en progression de 16,1%. Le groupe propose un dividende de 14 dirhams par action.
Le coût du risque : le signal le plus porteur
Si un seul chiffre devait résumer la thèse d'investissement sur CIH Bank, ce serait sans doute celui du coût du risque. Son taux s'établit à 0,75% des encours en 2025, contre 0,94% en 2024 et un pic de 1,41% en 2023. Le vecteur est clairement et résolument baissier. Il faut rappeler le contexte. En 2023, CIH Bank avait procédé à une rebasification comptable IFRS 9 qui avait conduit à un fort reclassement d'encours en Bucket 3, faisant bondir le taux de créances en souffrance brut et comprimant mécaniquement le taux de couverture à des niveaux atypiques. Ce processus, douloureux dans ses effets immédiats, était nécessaire pour assainir le fameux dossier du factoring et constitue désormais un point de départ favorable pour les exercices à venir.
En 2025, le taux de couverture du portefeuille Bucket 3 clientèle s'améliore de 39,7% à 47,8%, soit un gain de 8,1 points sur l'année. La dynamique de provisionnement est active et chaque point supplémentaire de couverture réduit mécaniquement le risque d'une charge exceptionnelle future. Si le taux du coût du risque converge vers 0,60% à 0,65% en 2026, scénario cohérent avec la trajectoire observée, l'impact sur le résultat net serait immédiat : chaque baisse de 10 points de base représente une économie d'environ 118 millions de dirhams sur les encours actuels. Autrement dit, la normalisation du coût du risque constitue à elle seule un catalyseur de croissance du résultat net pour les deux prochains exercices, indépendamment de toute progression de l'activité commerciale.
La grande offensive dans la gestion d'actifs
Le deuxième catalyseur sur les prochains mois est d'une nature différente, plus stratégique, et potentiellement plus transformateur pour le profil du groupe à moyen terme. Le 5 février 2026, CIH Bank a annoncé la signature d'un mémorandum d'entente avec CDG Capital en vue d'étudier l'acquisition potentielle de CDG Capital Gestion et de CDG Capital Bourse. La première est spécialisée dans la gestion d'OPCVM, l'un des plus grands opérateurs du secteur. La seconde opère dans l'intermédiation boursière avec de fortes parts de marché institutionnelles.
CIH Bank n'arrive pas en terrain inconnu. Le groupe est déjà présent dans la gestion d'actifs à travers sa filiale CIH Capital Management, elle aussi introduite dans le périmètre par acquisition. Mais l'opération envisagée avec CDG Capital changerait radicalement d'échelle. Elle permettrait au groupe d'accéder à une plateforme de distribution institutionnelle établie, à une base d'actifs sous gestion significative et à une licence d'intermédiation boursière : trois activités génératrices de commissions récurrentes, peu consommatrices de capital, et structurellement moins cycliques que le crédit bancaire classique.
Ce repositionnement s'inscrit dans une logique de diversification du mix de revenus. CIH Bank tire aujourd'hui 62% de son PNB de la marge d'intérêt, une structure classique mais exposée aux cycles de taux. Ajouter une brique de gestion d'actifs et d'intermédiation boursière permettrait de réduire cette dépendance et d'accroître la part des revenus de commissions dans le total. L'opération reste conditionnée à la finalisation des discussions et aux autorisations réglementaires, mais le signal stratégique est sans ambiguïté.
Un titre qui se paie 11 fois ses bénéfices
Là où le dossier devient particulièrement intéressant, c'est sur le terrain de la valorisation. Sur la base des estimations de bénéfices 2026, CIH Bank s'échange aux alentours de onze fois ses résultats prévisionnels. C'est un multiple qui contraste avec le profil d'un groupe affichant une croissance du résultat net de 24,4% en 2025, un levier opérationnel positif, une trajectoire de normalisation du coût du risque bien engagée et deux catalyseurs crédibles à l'horizon de douze mois.
À titre de comparaison, les banques marocaines affichant des profils de croissance équivalents se négocient généralement sur des multiples plus élevés, plutôt proche de 16, reflet d'une meilleure reconnaissance de leur potentiel par le marché. La décote de CIH Bank tient probablement au souvenir du pic du coût du risque en 2023.
Un autre enseignement des comptes 2025 tient à la vigueur de la collecte. Les dépôts clientèle progressent de 17,8% pour atteindre 99,5 milliards de dirhams, soit une collecte nette de 15 milliards sur l'exercice. Les crédits consolidés suivent la même trajectoire, avec une progression de 16,7% à 118,1 milliards de dirhams. Fait notable, 86% des dépôts du groupe sont des dépôts à vue, ce qui procure à CIH Bank un avantage structurel sur le coût des ressources par rapport aux établissements davantage dépendants du refinancement de marché.
La marge d'intérêt progresse de 12,9% à 3,38 milliards de dirhams et les commissions nettes gagnent 9,4% à 464 millions. Le résultat brut d'exploitation atteint 3,09 milliards de dirhams, en hausse de 16,4%, démontrant un effet de ciseaux positif malgré l'effort d'expansion du réseau. CIH Bank gère désormais 437 agences et 1 221 guichets automatiques bancaires, après l'ouverture de 11 nouveaux points de vente sur l'exercice. Le bilan consolidé franchit le cap des 163 milliards de dirhams, en progression de 16,1%. Le groupe propose un dividende de 14 dirhams par action.
Le coût du risque : le signal le plus porteur
Si un seul chiffre devait résumer la thèse d'investissement sur CIH Bank, ce serait sans doute celui du coût du risque. Son taux s'établit à 0,75% des encours en 2025, contre 0,94% en 2024 et un pic de 1,41% en 2023. Le vecteur est clairement et résolument baissier. Il faut rappeler le contexte. En 2023, CIH Bank avait procédé à une rebasification comptable IFRS 9 qui avait conduit à un fort reclassement d'encours en Bucket 3, faisant bondir le taux de créances en souffrance brut et comprimant mécaniquement le taux de couverture à des niveaux atypiques. Ce processus, douloureux dans ses effets immédiats, était nécessaire pour assainir le fameux dossier du factoring et constitue désormais un point de départ favorable pour les exercices à venir.
En 2025, le taux de couverture du portefeuille Bucket 3 clientèle s'améliore de 39,7% à 47,8%, soit un gain de 8,1 points sur l'année. La dynamique de provisionnement est active et chaque point supplémentaire de couverture réduit mécaniquement le risque d'une charge exceptionnelle future. Si le taux du coût du risque converge vers 0,60% à 0,65% en 2026, scénario cohérent avec la trajectoire observée, l'impact sur le résultat net serait immédiat : chaque baisse de 10 points de base représente une économie d'environ 118 millions de dirhams sur les encours actuels. Autrement dit, la normalisation du coût du risque constitue à elle seule un catalyseur de croissance du résultat net pour les deux prochains exercices, indépendamment de toute progression de l'activité commerciale.
La grande offensive dans la gestion d'actifs
Le deuxième catalyseur sur les prochains mois est d'une nature différente, plus stratégique, et potentiellement plus transformateur pour le profil du groupe à moyen terme. Le 5 février 2026, CIH Bank a annoncé la signature d'un mémorandum d'entente avec CDG Capital en vue d'étudier l'acquisition potentielle de CDG Capital Gestion et de CDG Capital Bourse. La première est spécialisée dans la gestion d'OPCVM, l'un des plus grands opérateurs du secteur. La seconde opère dans l'intermédiation boursière avec de fortes parts de marché institutionnelles.
CIH Bank n'arrive pas en terrain inconnu. Le groupe est déjà présent dans la gestion d'actifs à travers sa filiale CIH Capital Management, elle aussi introduite dans le périmètre par acquisition. Mais l'opération envisagée avec CDG Capital changerait radicalement d'échelle. Elle permettrait au groupe d'accéder à une plateforme de distribution institutionnelle établie, à une base d'actifs sous gestion significative et à une licence d'intermédiation boursière : trois activités génératrices de commissions récurrentes, peu consommatrices de capital, et structurellement moins cycliques que le crédit bancaire classique.
Ce repositionnement s'inscrit dans une logique de diversification du mix de revenus. CIH Bank tire aujourd'hui 62% de son PNB de la marge d'intérêt, une structure classique mais exposée aux cycles de taux. Ajouter une brique de gestion d'actifs et d'intermédiation boursière permettrait de réduire cette dépendance et d'accroître la part des revenus de commissions dans le total. L'opération reste conditionnée à la finalisation des discussions et aux autorisations réglementaires, mais le signal stratégique est sans ambiguïté.
Un titre qui se paie 11 fois ses bénéfices
Là où le dossier devient particulièrement intéressant, c'est sur le terrain de la valorisation. Sur la base des estimations de bénéfices 2026, CIH Bank s'échange aux alentours de onze fois ses résultats prévisionnels. C'est un multiple qui contraste avec le profil d'un groupe affichant une croissance du résultat net de 24,4% en 2025, un levier opérationnel positif, une trajectoire de normalisation du coût du risque bien engagée et deux catalyseurs crédibles à l'horizon de douze mois.
À titre de comparaison, les banques marocaines affichant des profils de croissance équivalents se négocient généralement sur des multiples plus élevés, plutôt proche de 16, reflet d'une meilleure reconnaissance de leur potentiel par le marché. La décote de CIH Bank tient probablement au souvenir du pic du coût du risque en 2023.
Articles similaires
- 21 Avril 2026
- Crédit du Maroc
Crédit du Maroc : le réveil d'une banque
- 19 Avril 2026
- BCP
Se connecter