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Crédit du Maroc : le réveil d'une banque

La prise de contrôle par Holmarcom a enclenché une transformation radicale. Les chiffres 2025 en témoignent.

Par Adil Hlimi - 3 min de lecture - Publié le 21 Avril 2026 à 08h17
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Crédit du Maroc : le réveil d'une banque
Il y a trois ans, Crédit du Maroc était une banque correcte. Solide, bien gérée, mais sans éclat. Une filiale de Crédit Agricole SA qui faisait son travail dans l'ombre des grands acteurs de la place, avec un coefficient d'exploitation frôlant les 51 % et un résultat net part du groupe qui peinait à dépasser les 500 millions de dirhams. Rien d'alarmant, mais rien d'enthousiasmant non plus.

Trois ans plus tard, la même banque a bien affuté ses armes. Elle affiche un coefficient d'exploitation de 38,1 %. Son résultat net a plus que doublé. Ses crédits progressent à deux chiffres.

L'entrée d'un actionnaire qui veut gagner

"Dès la prise de contrôle de la banque, nous avons déployé notre vision stratégique visant à faire de Crédit du Maroc un opérateur financier moderne, innovant et engagé au service des citoyens et des entreprises nationales, pour un développement durable et responsable", déclarait Mohamed Hassan Bensalah, après avoir finalisé l'acquisition les parts résiduelles du groupe français dans le capital de la banque. La rupture avec l'ère Crédit Agricole est désormais nette. L'ancien actionnaire gérait CDM avec la prudence d'un groupe étranger qui ne veut pas de mauvaises surprises dans une filiale lointaine. Holmarcom, lui, gère CDM comme un actif stratégique à faire croître.

Le changement se lit dans les orientations du plan stratégique lancé depuis la transition : investissement dans la banque d'investissement, partenariat structurant avec AtlanaSanad dans la bancassurance, et couverture de nouveaux segments du Retail.

Des résultats record

Les résultats 2025, publiés il y a quelques semaines, sont sans ambiguïté. Le produit net bancaire atteint 3 568 millions de dirhams, en hausse de 8 % sur un an. Le résultat brut d'exploitation progresse de 12,8 % à 1 916 MDH. Et le résultat net part du groupe bondit de 16,5 % pour s'établir à 864 MDH, un record pour la banque.

Mais le chiffre qui retient vraiment l'attention des analystes, c'est le coefficient d'exploitation. À 38,1 %, CDM affiche le meilleur ratio de la place. La banque ne dépense que 38 dirhams pour générer 100 dirhams de produit net bancaire. Ses charges n'ont progressé que de 1,1 % en 2025 quand ses revenus augmentaient de 8 %. Une discipline de gestion maintenue sur trois exercices consécutifs alors même que la banque investissait dans de nouvelles activités. Dès janvier 2025, les analystes d'Attijariwafa Bank avaient d'ailleurs anticipé cette trajectoire en qualifiant CDM de meilleur profil "croissance-rendement" du secteur bancaire marocain. Les résultats leur donnent raison.

Sur le terrain commercial, l'accélération est également visible. Les encours de crédits franchissent le cap des 62 milliards de dirhams, en hausse de 11 % sur l'année. Les financements aux entreprises progressent de plus de 12 %, tirés par les crédits à l'équipement et les crédits promoteurs. La collecte de dépôts suit, avec une particularité notable : les ressources à vue, les plus stables et les moins coûteuses, bondissent de 11,6 %. Signal d'un gain de parts de marché sur la clientèle transactionnelle.

Les analystes qui suivent la valeur estime que la banque dispose encore d'un potentiel de valorisation. Le ROE progresse vers les 11–12 % et le RNPG devrait franchir le milliard de dirhams à l'horizon 2026, poursuivant une trajectoire de croissance à deux chiffres. Et la mécanique de levier opérationnel n'a pas dit son dernier mot. Crédit du Maroc confirme son statut de banque ambitieuse.

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