- 20 Avril 2026
- Inflation globale
Le moral des ménages marocains au plus haut depuis quatre ans
L'Indice de Confiance des Ménages du HCP bondit à 64,4 points au premier trimestre 2026, son niveau le plus élevé depuis fin 2021. Un signal d'embellie mesuré, sur fond de persistance des tensions sur les prix alimentaires.
Par La rédaction - 4 min de lecture - Publié le 20 Avril 2026 à 07h53
Le Haut-commissariat au Plan (HCP) publie les résultats de son enquête permanente de conjoncture auprès des ménages pour le premier trimestre 2026. Les données tracent un tableau en clair-obscur. La confiance est en nette progression, mais les fondamentaux du pouvoir d'achat demeurent sous pression.
Un indice en forte accélération
L'Indice de Confiance des Ménages (ICM) s'établit à 64,4 points au premier trimestre 2026, contre 57,6 points au trimestre précédent et 46,6 points à la même période de l'année 2025. La progression annuelle atteint près de 18 points, et l'indice retrouve son niveau le plus haut depuis le quatrième trimestre 2021.
Pour mémoire, l'ICM agrège sept composantes, quatre relatives à la situation générale (perception du niveau de vie passé et futur, anticipations sur le chômage, opportunité d'achat de biens durables) et trois propres à la situation du ménage (situation financière actuelle, évolution passée et perspective future de la situation financière). Sa valeur évolue entre 0 et 200, le seuil de 100 représentant un équilibre entre optimisme et pessimisme.
À 64,4, l'ICM reste en territoire de méfiance. Mais la dynamique est indéniable : en l'espace de quatre trimestres, l'indice a gagné 17,8 points, effaçant une large partie de la dégradation accumulée entre 2022 et le premier semestre 2024.
Les anticipations financières passent en territoire positif
Parmi les signaux les plus marquants de ce trimestre figure le solde d'opinion sur les perspectives de situation financière des ménages, qui atteint +5,8 points — son premier niveau positif depuis le troisième trimestre 2021. Ce renversement, même modeste, traduit un changement de registre : pour la première fois depuis plus de quatre ans, les ménages qui anticipent une amélioration de leur situation financière dans les douze prochains mois sont plus nombreux que ceux qui en redoutent une dégradation.
Ce retournement contraste avec les deux années 2022-2024, marquées par des soldes durablement négatifs sur cet indicateur, atteignant jusqu'à -18,1 points au troisième trimestre 2024.
La situation financière actuelle reste, elle, négative à -35,0 points, mais poursuit son amélioration progressive depuis le point bas de -43,4 atteint au premier trimestre 2022. Sur un an glissant, le solde s'est redressé de 4,8 points.
Le marché du travail : des anticipations moins sombres
La composante relative aux anticipations sur le chômage enregistre, elle aussi, un net redressement. Le solde d'opinion s'établit à -34,7 points, contre -47,7 points au trimestre précédent et -73,4 points au premier trimestre 2025. En rythme annuel, le gain dépasse 38 points — la progression la plus forte parmi toutes les composantes de l'indice.
Concrètement, 57,9% des ménages anticipent encore une hausse du chômage dans les douze prochains mois, contre 23,2% qui tablent sur une baisse. Ces proportions demeurent défavorables, mais elles signalent une évolution significative des perceptions par rapport à l'année précédente.
Niveau de vie : un pessimisme persistant qui s'allège
Sur le niveau de vie perçu au cours des douze derniers mois, 75,1% des ménages font état d'une dégradation, 19,1% d'une stagnation et seulement 5,8% d'une amélioration. Le solde reste profondément négatif, à -69,3 points, mais s'inscrit en amélioration par rapport au trimestre précédent (-72,5 points) et à la même période de 2025 (-76,5 points).
Concernant les perspectives à horizon douze mois, 45,1% des ménages anticipent une dégradation supplémentaire, 38,5% un maintien et 16,4% une amélioration. Le solde prévisionnel remonte à -28,8 points, depuis -39,5 points au trimestre précédent et -46,3 points un an plus tôt — une amélioration de 17,5 points en douze mois.
Biens durables : une conjoncture encore peu incitative
L'indicateur d'opportunité d'achat de biens durables progresse légèrement, à -51,0 points, contre -52,9 points au trimestre précédent et -72,0 points au même trimestre 2025. Deux ménages sur trois (66,9%) estiment que le moment n'est pas propice à ce type d'acquisition, contre 15,9% qui le jugent favorable. La dynamique s'améliore sur un an, mais l'indicateur reste parmi les plus déprimés de l'enquête.
Les prix alimentaires : le frein structurel
La pression sur les prix des produits alimentaires demeure la contrainte dominante des ménages marocains. Au premier trimestre 2026, 93,3% d'entre eux déclarent que les prix alimentaires ont augmenté au cours des douze derniers mois, pour un solde d'opinion de -92,7 points — quasi-stable par rapport au trimestre précédent (-90,9 points).
Les perspectives ne sont guère plus rassurantes : 78,9% des ménages anticipent une nouvelle hausse des prix alimentaires dans les douze prochains mois, contre 2,4% seulement qui tablent sur une baisse. Le solde prospectif s'établit à -76,5 points, en légère détérioration par rapport aux -73,0 points du trimestre précédent.
Cette composante constitue le principal contrepoids à l'amélioration de l'ICM global, et pèse structurellement sur la capacité des ménages à épargner ou à consommer.
Une capacité d'épargne toujours contrainte
Sur la capacité à épargner, le solde d'opinion s'établit à -75,7 points, en légère amélioration par rapport aux -78,5 points du trimestre précédent, mais dans un territoire qui reste très défavorable. Seulement 12,1% des ménages s'attendent à pouvoir épargner dans les douze prochains mois, contre 87,8% qui n'y voient pas de possibilité.
Par ailleurs, 37,5% des ménages déclarent couvrir leurs dépenses en s'endettant ou en puisant dans leur épargne, et 2,5% seulement affirment dégager une capacité d'épargne sur leurs revenus courants.
Un indice en forte accélération
L'Indice de Confiance des Ménages (ICM) s'établit à 64,4 points au premier trimestre 2026, contre 57,6 points au trimestre précédent et 46,6 points à la même période de l'année 2025. La progression annuelle atteint près de 18 points, et l'indice retrouve son niveau le plus haut depuis le quatrième trimestre 2021.
Pour mémoire, l'ICM agrège sept composantes, quatre relatives à la situation générale (perception du niveau de vie passé et futur, anticipations sur le chômage, opportunité d'achat de biens durables) et trois propres à la situation du ménage (situation financière actuelle, évolution passée et perspective future de la situation financière). Sa valeur évolue entre 0 et 200, le seuil de 100 représentant un équilibre entre optimisme et pessimisme.
À 64,4, l'ICM reste en territoire de méfiance. Mais la dynamique est indéniable : en l'espace de quatre trimestres, l'indice a gagné 17,8 points, effaçant une large partie de la dégradation accumulée entre 2022 et le premier semestre 2024.
Les anticipations financières passent en territoire positif
Parmi les signaux les plus marquants de ce trimestre figure le solde d'opinion sur les perspectives de situation financière des ménages, qui atteint +5,8 points — son premier niveau positif depuis le troisième trimestre 2021. Ce renversement, même modeste, traduit un changement de registre : pour la première fois depuis plus de quatre ans, les ménages qui anticipent une amélioration de leur situation financière dans les douze prochains mois sont plus nombreux que ceux qui en redoutent une dégradation.
Ce retournement contraste avec les deux années 2022-2024, marquées par des soldes durablement négatifs sur cet indicateur, atteignant jusqu'à -18,1 points au troisième trimestre 2024.
La situation financière actuelle reste, elle, négative à -35,0 points, mais poursuit son amélioration progressive depuis le point bas de -43,4 atteint au premier trimestre 2022. Sur un an glissant, le solde s'est redressé de 4,8 points.
Le marché du travail : des anticipations moins sombres
La composante relative aux anticipations sur le chômage enregistre, elle aussi, un net redressement. Le solde d'opinion s'établit à -34,7 points, contre -47,7 points au trimestre précédent et -73,4 points au premier trimestre 2025. En rythme annuel, le gain dépasse 38 points — la progression la plus forte parmi toutes les composantes de l'indice.
Concrètement, 57,9% des ménages anticipent encore une hausse du chômage dans les douze prochains mois, contre 23,2% qui tablent sur une baisse. Ces proportions demeurent défavorables, mais elles signalent une évolution significative des perceptions par rapport à l'année précédente.
Niveau de vie : un pessimisme persistant qui s'allège
Sur le niveau de vie perçu au cours des douze derniers mois, 75,1% des ménages font état d'une dégradation, 19,1% d'une stagnation et seulement 5,8% d'une amélioration. Le solde reste profondément négatif, à -69,3 points, mais s'inscrit en amélioration par rapport au trimestre précédent (-72,5 points) et à la même période de 2025 (-76,5 points).
Concernant les perspectives à horizon douze mois, 45,1% des ménages anticipent une dégradation supplémentaire, 38,5% un maintien et 16,4% une amélioration. Le solde prévisionnel remonte à -28,8 points, depuis -39,5 points au trimestre précédent et -46,3 points un an plus tôt — une amélioration de 17,5 points en douze mois.
Biens durables : une conjoncture encore peu incitative
L'indicateur d'opportunité d'achat de biens durables progresse légèrement, à -51,0 points, contre -52,9 points au trimestre précédent et -72,0 points au même trimestre 2025. Deux ménages sur trois (66,9%) estiment que le moment n'est pas propice à ce type d'acquisition, contre 15,9% qui le jugent favorable. La dynamique s'améliore sur un an, mais l'indicateur reste parmi les plus déprimés de l'enquête.
Les prix alimentaires : le frein structurel
La pression sur les prix des produits alimentaires demeure la contrainte dominante des ménages marocains. Au premier trimestre 2026, 93,3% d'entre eux déclarent que les prix alimentaires ont augmenté au cours des douze derniers mois, pour un solde d'opinion de -92,7 points — quasi-stable par rapport au trimestre précédent (-90,9 points).
Les perspectives ne sont guère plus rassurantes : 78,9% des ménages anticipent une nouvelle hausse des prix alimentaires dans les douze prochains mois, contre 2,4% seulement qui tablent sur une baisse. Le solde prospectif s'établit à -76,5 points, en légère détérioration par rapport aux -73,0 points du trimestre précédent.
Cette composante constitue le principal contrepoids à l'amélioration de l'ICM global, et pèse structurellement sur la capacité des ménages à épargner ou à consommer.
Une capacité d'épargne toujours contrainte
Sur la capacité à épargner, le solde d'opinion s'établit à -75,7 points, en légère amélioration par rapport aux -78,5 points du trimestre précédent, mais dans un territoire qui reste très défavorable. Seulement 12,1% des ménages s'attendent à pouvoir épargner dans les douze prochains mois, contre 87,8% qui n'y voient pas de possibilité.
Par ailleurs, 37,5% des ménages déclarent couvrir leurs dépenses en s'endettant ou en puisant dans leur épargne, et 2,5% seulement affirment dégager une capacité d'épargne sur leurs revenus courants.
Se connecter