- 20 Avril 2026
- OPCVM
OPCVM Actions : quatre semaines de décollecte consécutives en mars
Les fonds actions ont essuyé des sorties nettes de près de 1,46 milliard de dirhams durant le mois de mars, dans un contexte géopolitique alourdi par le conflit iranien. Après un mois de février déjà sous tension, les valorisations atteignent désormais des niveaux que les opérateurs jugent plus défendables.
Par Adil Hlimi - Publié le 20 Avril 2026 à 14h08
Les fonds actions ont traversé une mauvaise passe en mars. Selon les données de souscriptions hebdomadaires de l'AMMC, ces OPCVM ont enregistré quatre semaines consécutives de décollecte nette en mars, pour un cumul de 1,46 milliard de dirhams de sorties sur la période. La semaine du 13 mars a été la plus sévère, avec des rachats nets avoisinant 647 millions de dirhams, suivie de près par celle du 3 avril, où les sorties ont atteint 641 millions de dirhams.
Cette dynamique de défiance coïncide avec l'escalade du conflit en Iran, qui a ravivé l'aversion au risque chez les investisseurs institutionnels comme chez les particuliers. Dans un environnement mondial marqué par l'incertitude sur les prix des matières premières et l'inflation, la Bourse de Casablanca n'a pas échappé au réflexe de désengagement. Les gérants de portefeuille évoquent des arbitrages défensifs opérés au profit de la classe Diversifiés et, dans une moindre mesure, monétaire le temps que la prime de risque géopolitique se résorbe.
Un mois de février déjà sous tension
La dégradation n'est pas apparue ex nihilo. Le mois de février avait déjà donné le signal d'une liquidité défaillante sur le marché actions. Les deux premières semaines du mois avaient accusé des sorties de 111 millions puis 4 millions de dirhams, avant qu'un sursaut technique, en semaine du 20 février (+535 millions de dirhams), ne vienne temporairement masquer la fragilité de la tendance. Ce rebond éphémère ne s'est pas confirmé, et mars a précipité le retournement.
Il convient de rappeler que les deux dernières semaines de janvier avaient également affiché des collectes négatives de respectivement -129 millions et -132 millions de dirhams, signalant dès lors un essoufflement de l'élan remarquable du début d'année, porté par des entrées massives en janvier (+323 millions, +840 millions et +208 millions de dirhams sur les trois premières semaines).
Des valorisations qui redeviennent attractives
Paradoxalement, cette vague de rachats commence à produire ses effets correcteurs. Plusieurs opérateurs de marché soulignent que la compression des multiples de valorisation, consécutive à la baisse des cours, dessine progressivement des points d'entrée plus défendables face à la clientèle. « Les niveaux actuels permettent de reprendre des conversations sur le moyen terme avec des investisseurs qui avaient mis leurs décisions en attente », confie un gérant d'actifs casablancais.
Pour les professionnels de la gestion collective, l'enjeu est désormais de transformer ce plancher potentiel en signal de réallocation, dans l'attente d'une stabilisation du contexte géopolitique, alors que les émetteurs ont globalement publié de bons résultats 2025 avec plusieurs records historiques dans les secteurs moteurs du marché.
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